Le livre de la main
Les doigts ou la capacité à communiquer
La communication entre les êtres emprunte des codes relationnels fixés par les règles de l'univers social. Elle ne peut avoir lieu qu'entre un émetteur et un récepteur aptes à analyser et à employer les mêmes règles. En chirologie, les doigts traduisent l'aptitude d'une personne à communiquer, c'est-à-dire à convertir les messages issus de son inconscient en messages que l'autre peut percevoir. Ils traduisent aussi l'aptitude à recevoir et à décoder les messages venus du dehors et à en ressentir la charge émotionnelle. Là où le pouce disait notre possibilité d'adaptation aux lois universelles, les doigts reflètent davantage nos besoins d'échange et notre faculté d'être un peu différent tout en demeurant nous-même, selon les personnes ou les groupes que nous croisons.
Leur longueur
Elle traduit le caractère plus ou moins primaire de nos relations avec autrui. Selon leur taille rapportée à la longueur de la main, on dit les doigts longs ou courts.
Les doigts longs : plus les doigts s'allongent, plus la maturation des pulsions évoquée plus haut prend de l'ampleur. Le vécu est fortement secondarisé et le message transmis au-dehors très élaboré. La personne a le sens de la forme, parfois au détriment même du but visé. Elle a du jugement, une bonne capacité de réflexion, une pensée analytique, le sens de l'obstacle et de la négociation. Son habileté manuelle se déploie dans les travaux qui demandent adresse, minutie et patience.
Les doigts courts : à l'inverse des doigts longs, ils signalent un faible pouvoir de maturation : les réactions sont primaires et le message réduit à l'essentiel. La perception de soi et des autres reste plutôt immédiate, peu transposée sur le plan des idées, et la personne n'en tire guère d'enseignement. Son comportement est chaleureux, spontané, passionné, impulsif. Quand elle agit, ce qui compte avant tout, c'est la vitesse d'exécution et l'atteinte du but ; elle se soucie de la fin plus que des moyens. Active et impatiente, elle décide souvent « à l'emporte-pièce », sans réfléchir d'abord. Chez elle, le manque d'esprit critique va de pair avec un manque de tact.
Leur largeur
Elle traduit la capacité d'interaction entre le monde extérieur tel que nous le ressentons et ce que nous avons à exprimer. Elle tient donc à notre façon de nous adapter aux besoins des autres dans nos relations avec eux.
Les doigts charnus : les mécanismes d'adaptation tournent à plein et la socialisation des désirs réussit toujours. La personne saisit bien les nécessités du monde extérieur et devine fortement les choses et les êtres. Cette excellente adaptation au réel et cette aisance relationnelle lui donnent confiance : elle est solidement ancrée dans la vie. Elle sait ce qu'elle veut et quand elle le veut, et agit avec netteté. À l'aise avec autrui, elle sait être chaleureuse... au point de devenir parfois envahissante.
Les doigts frêles : la capacité d'adaptation au monde extérieur est faible. La personne se situe mal face aux autres et ne parvient ni à combler pleinement ses besoins instinctifs, ni à intégrer les changements de son milieu pour s'y ajuster avec souplesse. Inquiète et insatisfaite, elle cherche à se protéger du monde extérieur. Elle a du mal à s'affirmer et à prendre des initiatives ; quand elle le fait, c'est souvent de façon brusque (la brusquerie des timides) ou très intellectuelle, voire chicanière. En revanche, si elle se sent acceptée et reconnue, elle peut s'ouvrir et vivre sa sensibilité de manière enrichissante.
Leur implantation
Il s'agit de la hauteur à laquelle les doigts s'insèrent dans la paume, repérée par rapport à l'insertion du médius qui sert de référence.
Les doigts implantés haut : une implantation haute favorise, dans le vécu relationnel, l'expression de la personne et la transmission de son message vers le monde extérieur. Le besoin d'échange y est fort. Le sujet a besoin des autres pour se situer et se sentir exister.
Les doigts implantés bas : une implantation basse réduit le besoin d'échanger avec l'extérieur. Le sujet reste davantage à l'écoute de son monde intérieur. Poussée à l'extrême, cette tendance peut prendre un tour régressif et renforcer l'introversion.
Les phalanges des doigts
Un doigt compte trois phalanges : en partant de la paume, la phalange, la phalangine et la phalangette. Leur lecture compte beaucoup pour cerner les comportements.
Les doigts à phalanges majoritaires : c'est toujours le signe d'un vécu relationnel qui fonctionne bien, même si quelques difficultés de surface subsistent. Le sujet devine bien les êtres et les situations ; sa capacité d'analyse a beau être faible, il garde une vue saine des choses, un bon sens à toute épreuve, et vit dans la matérialité et la sensation.
Les doigts à phalangines majoritaires : voilà le signe d'une bonne capacité de raisonnement et d'excellentes ressources intellectuelles. La personne peut saisir des pensées et des faits complexes. Elle a l'esprit critique et pertinent, le sens de l'analyse, et aime communiquer sur ce registre.
Les doigts à phalangettes majoritaires : c'est dans le domaine des idées que cette personne cherche à se projeter. Elle aime les principes et l'essence des choses. Spécialiste de l'abstraction, elle est plus sensible à l'esprit et au sens qu'à l'obtention de résultats. Parfois idéaliste ou mystique, elle tient davantage aux représentations qu'elle se fait de la vie qu'aux réalités.
Les planches

Doigts longs = forte maturation des pulsions, message très élaboré ; forts/charnus = adaptation et socialisation des désirs réussies, personne bien ancrée dans la vie.

Doigts longs = vécu fortement secondarisé, pensée analytique ; frêles = faible capacité d'adaptation au monde extérieur, mal à se situer face aux autres.

illustre le type de doigts courts et forts (sujet inquiet, qui se protège du monde extérieur mais sait s'ouvrir dès lors qu'il se sent accepté)


implantation haute des doigts - favorise l'expression de la personne et la transmission de son message vers l'extérieur ; fort besoin d'échange

implantation basse des doigts - réduit le besoin d'échange avec l'extérieur, sujet à l'écoute de son monde intérieur, introversion accentuée dans les cas extrêmes

« Les doigts à phalanges majoritaires » - signe d'un vécu relationnel qui fonctionne bien, bonne intuition, bon sens, vie tournée vers la matérialité et la sensation

bonne capacité de raisonnement, ressources intellectuelles excellentes, esprit critique et sens de l'analyse

personne qui se projette dans le domaine des idées, spécialiste de l'abstraction, parfois idéaliste ou mystique


