Astrodivinum

Le fondement

Comprendre

I

Les lettres, aspects du réel

Toutes les traditions ont regardé les lettres sacrées avec le plus grand respect. Chaque lettre est, par sa forme et son rang, considérée comme un aspect de la divinité, contenant en puissance un univers entier. Un alphabet devient alors un instrument de connaissance : le langage sacré est un lien universel, car toutes les langues de la terre reposent sur un tronc commun.

Cette Kabbale n'aborde qu'une facette de ce savoir : l'interrogation par les lettres — une sorte de retour aux sources du tarot — et la construction de l'Arbre de Vie, qui personnalise votre propre édifice.

II

Les trois familles de lettres

Les vingt-deux lettres se répartissent, selon la tradition, en trois familles :

  • 3 lettres-mères — Aleph, Mem, Shin — les trois éléments : l'Air (l'esprit), l'Eau (la matière) et le Feu (l'énergie). Ce sont elles qui tranchent un oui/non.
  • 7 lettres-doubles — Beith, Guimel, Daleth, Kaph, Phé, Reish, Tav — les sept jours de la semaine et leurs planètes.
  • 12 lettres-simples — les douze restantes — les douze mois et les douze signes du zodiaque.

Chaque lettre porte aussi une lame, comme un arcane du tarot : la roue des lettres et la roue des lames ne font qu'une.

III

Les dix Sephiroth et les quatre mondes

Les Sephiroth sont dix réceptacles par lesquels la lumière se manifeste et se densifie — dix étapes, de la conscience pure (Kéter) à la matérialisation (Malkuth). Elles s'organisent sur trois piliers (positif, négatif, neutre) et se déploient en quatre mondes emboîtés : Émanation, Création, Formation, Action.

Appliquées à la psychologie humaine, elles forment l'équation d'une existence : le siège de la conscience, la sagesse et le discernement, la clémence et la rigueur, la beauté qui les harmonise, puis la victoire, la gloire, le fondement et le royaume — l'acte enfin exprimé.

IV

L'Arbre de Vie et les 22 canaux

Vingt-deux canaux relient les Sephiroth deux par deux, chacun gouverné par une lettre. L'énergie qui circule dans un canal renseigne sur un aspect de la personne. La racine d'un canal est formée par les deux lettres des Sephiroth qu'il relie — et se lit toujours dans le sens descendant.

אבגדהוזחטיכלמנסעפצקרשתKétKéterHocHochmahBinBinahDaatHesHessedGvoGvourahTipTipherethNetNetsahHodHodYesYesodMalMalkuth

Touchez un canal pour lire la lettre qui le gouverne et ses fonctions.

V

Construire votre Arbre de Vie

Bâtir votre Arbre, c'est dresser une sorte de thème natal. À partir de vos données, on calcule :

  1. le nom converti en nombre (chaque lettre a une valeur) ;
  2. l'heure de naissance en minutes ;
  3. le jour dans l'année, le mois dans le siècle, l'année ;
  4. le lieu, par son secteur de longitude ;
  5. leur somme : le nombre d'incarnation ;
  6. sa distillation par la Tétraktys en dix nombres ;
  7. le nombre de chaque sephira, réduit (modulo 22) en une lettre.

Les dix lettres siègent alors dans les Sephiroth, et les vingt-deux racines livrent la lecture. Tout le calcul vous est montré dans « Mon Arbre de Vie ».

VI

Le Gorèn — l'interrogation à trois niveaux

Sans construire d'Arbre, on interroge directement les lames. L'interrogation de base s'appelle le Gorèn, d'après les trois niveaux d'existence qu'elle explore : le physique (Gouph), le centre vital émotionnel (Rouah) et l'âme (Nephesh) — dont les initiales G.R.N. donnent son nom. « Gorèn » signifie en hébreu la grange, l'aire d'accumulation : une fois le tirage fait, on emmagasine les informations des trois niveaux, puis l'on en tire la synthèse. La clarté de la réponse est proportionnelle à la précision de la question.

On pose clairement la question, on bat les lames, on coupe de la main gauche, puis — en lisant toujours de droite à gauche — on retourne deux lames par niveau (la première à droite, la seconde à sa gauche), formant une racine par niveau :

  • Niveau I — psychique, intellectuel, inconscient : le subtil, le caché.
  • Niveau II — astral, affectif : les forces émotionnelles de l'être.
  • Niveau III — physique, matériel : la vie concrète.

Chaque racine se lit au dictionnaire des racines, dans le sens de la question et selon son niveau ; on relie les trois, puis l'on en fait la synthèse. Les tirages ne sont jamais limitatifs — c'est votre lecture qui relie les racines entre elles.

Le support est le jeu des 22 lames — chacune une lettre, un arcane, une valeur et une famille :

LameLettreArcaneValeurFamille
IAlephBateleur1Mère
IIBeithPapesse2Double
IIIGuimelImpératrice3Double
IVDalethEmpereur4Double
VPape5Simple
VIWawAmoureux6Simple
VIIZeinChariot7Simple
VIIIHeithJustice8Simple
IXTeithErmite9Simple
XYodRoue10Simple
XIKaphForce20Double
XIILamedPendu30Simple
XIIIMemMort40Mère
XIVNounTempérance50Simple
XVSameckDiable60Simple
XVIAyinFoudre70Simple
XVIIPhéÉtoiles80Double
XVIIITsadéLune90Simple
XIXQofSoleil100Simple
XXReishJugement200Double
XXIShinMonde300Mère
XXIITavFou400Double
VII

Réponses simples : une racine, et le oui / non des trois Mères

Pour une question précise, deux lames suffisent : la première à droite, la seconde à sa gauche, forment une racine dont le sens tranche — une racine de croissance penche vers le oui, une racine d'arrêt vers le non.

Plus direct encore, le oui / non des trois Mères : on retourne les lames jusqu'à l'apparition d'une lettre-mère — Shin (oui), Mem (non) ou Aleph (peut-être : l'oracle se tait, la réponse n'est pas encore fixée).

VIII

Déterminer une date, une heure

Les trois Mères partagent tout espace divisible par trois. On pose la question, on bat, on coupe, et l'on retourne les lames jusqu'à l'arrivée d'une Mère : elle porte la période.

  • Dans un mois : Aleph 1–10, Mem 11–20, Shin 21–30/31.
  • Dans l'année : Aleph 1ᵉʳ–4ᵉ mois, Mem 4ᵉ–8ᵉ, Shin 9ᵉ–12ᵉ.
  • Dans une journée (12 h) : Aleph 1ʳᵉ–4ᵉ h, Mem 5ᵉ–8ᵉ, Shin 9ᵉ–12ᵉ — sur 24 h : Aleph 1–8, Mem 9–16, Shin 17–24.
IX

Trouver un jour, un mois — les sept doubles et les douze simples

Les sept lettres-doubles portent chacune un jour de la semaine ; les douze simples, un mois de l'année. On pose la question, on bat, on coupe, et l'on retourne les lames jusqu'à l'apparition de l'une d'elles.

LettreLameJour
BeithLame IIDimanche
GuimelLame IIILundi
DalethLame IVMardi
KaphLame XIMercredi
PhéLame XVIIJeudi
ReishLame XXVendredi
TavLame XXIISamedi
LettreLameMois
Lame VMars
WawLame VIAvril
ZeinLame VIIMai
HeithLame VIIIJuin
TeithLame IXJuillet
YodLame XAoût
LamedLame XIISeptembre
NounLame XIVOctobre
SameckLame XVNovembre
AyinLame XVIDécembre
TsadéLame XVIIIJanvier
QofLame XIXFévrier
X

Direction, lieu, et le « pour et le contre »

Huit lettres portent une direction (Tav marque le centre). Pour situer un lieu, on oriente une carte à la boussole, on y trace un cercle autour de la zone, puis les axes Nord-Sud et Est-Ouest ; on interroge jusqu'à une lame directionnelle, on trace vers elle un cercle plus petit, et l'on recommence jusqu'à un endroit précis — sans jamais pousser trop loin, pour limiter les risques d'erreur.

LettreLameDirection
DalethLame IVEst
Lame VNord-Est
WawLame VISud-Est
KaphLame XIOuest
LamedLame XIISud-Ouest
NounLame XIVNord-Ouest
PhéLame XVIINord
ReishLame XXSud

Le « pour et le contre » donne vite une réponse à une question fermée : on tire six lames en trois racines — à droite ce qui est pour (soutient le oui), à gauche ce qui est contre (soutient le non), et au-dessus l'équilibre, la synthèse qui juge.

XI

Le libre arbitre

L'Arbre et les lames éclairent des tendances et des questions — ils n'imposent rien. Une racine tirée dit une direction, non une sentence : à vous d'adapter son sens à votre situation, avec discernement. C'est un outil de connaissance de soi et de réflexion, jamais une prédiction certaine de l'avenir ni un conseil médical.