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Les cycles de l'humanité

Les planètes lentes forment aussi des aspects entre elles. Leur synthèse, année après année, dessine une courbe dont les sommets ont coïncidé, à travers l'histoire, avec les grandes mutations — crises, guerres, tournants. La voici, calculée de 1890 à 2100.

Planètes lentes (Jupiter → Pluton) — les tournants profonds de l'histoire.

Calcul de la courbe des cycles…

Les émetteurs ne forment pas seulement des aspects au Soleil de naissance : ils en forment aussi entre eux. Lorsque deux planètes sont très proches, on dit qu'elles sont en conjonction ; le temps qui s'écoule entre deux conjonctions est appelé cycle. La conjonction, les carrés et l'opposition coïncident le plus souvent avec des événements mondiaux plus ou moins importants.

On peut représenter l'ensemble des aspects interplanétaires formés depuis 1893 par une courbe. Comme cette courbe est destinée à mettre en exergue les périodes les plus importantes, on ne retient pas les aspects de Mercure, de Vénus, de Mars et du Soleil, mais seulement ceux que forment Jupiter et Saturne avec les planètes supérieures (Uranus, Neptune et Pluton).

L'importance des événements mondiaux d'une période paraît proportionnelle à la durée de la périodicité des aspects. On attribue donc à chaque configuration un coefficient : la conjonction, aspect « fort », vaut le plus ; l'opposition est un aspect « moyen », le carré un aspect « faible ». La courbe indique alors, pour chaque année, la valeur de la résultante des aspects planétaires.

Si l'on admet que ces aspects coïncident avec des conjonctures terrestres particulières, les pics de la courbe devraient théoriquement indiquer les périodes les plus importantes de l'histoire de l'humanité — les grandes mutations. On constate en effet que les grands maxima correspondent à des conjonctures mondiales très difficiles : graves crises économiques et politiques, guerres.

Les collectivités, tels d'immenses organismes vivants, semblent soumises à des rythmes endogènes appartenant à leur patrimoine héréditaire — l'histoire de la foule ou de la société. Ces rythmes pourraient coïncider avec des aspects planétaires, sans qu'il existe entre ces phénomènes un rapport de cause à effet.

Les grands maxima du passé

Pour chaque période de tension, l'aspect planétaire dominant d'abord — puis ce que le monde a vécu.

1894 à 1899

Guerre italienne contre l'Abyssinie, guerre sino-japonaise, révolte cubaine contre l'Espagne, conquête de Madagascar, guerre gréco-turque, guerre entre les États-Unis et l'Espagne, conflit franco-anglais de Fachoda, troubles en Égypte, annexion du Soudan par la France, guerre des Boers.

1913 à 1919

Guerres balkaniques, Première Guerre mondiale, révolution et guerre civile russe, traités de paix, création de la Société des Nations.

1930 à 1931

Crise économique mondiale (faillite de nombreuses banques, déflation, chômage), répression aux Indes (arrestation de Gandhi et des Nationalistes), occupation de la Mandchourie par le Japon, début de la guerre civile chinoise.

1939 à 1946

Deuxième Guerre mondiale, conflits du Sud-Est asiatique (Indonésie, Birmanie, Philippines), début de la guerre d'Indochine, reprise de la guerre civile chinoise.

1951 à 1954

Guerre de Corée, répression en Bulgarie, révolte militaire en Égypte (prise du pouvoir par le colonel Nasser), révolte en R.D.A., capitulation de Diên Biên Phû et fin de la guerre d'Indochine, début de la guerre d'Algérie, troubles en Malaisie.

1965 à 1968

Intensification des bombardements américains au Viêt-Nam, coup d'État militaire en Grèce (régime des Colonels), intervention américaine à Saint-Domingue, répression anti-communiste en Indonésie, guerre indo-pakistanaise, guerre du Biafra, révolution culturelle chinoise, guerre israélo-arabe, émeutes et troubles politiques en France, intervention russe en Tchécoslovaquie.

1971

Retrait des troupes américaines du Viêt-Nam, extension de la guerre au Cambodge, guerre indo-pakistanaise.

1981 à 1985

Guerre entre l'Irak et l'Iran, guerre civile au Salvador, guerre des Malouines, guerre du Liban, crise polonaise et nombreux attentats. Les années 1984 et 1985 furent marquées par une vague d'attentats, d'émeutes et de violence, des coups d'État, ainsi que par un vaste mouvement de solidarité en faveur des victimes de la famine en Éthiopie.

Les grandes mutations de 1981 à 2000

Les trois pics récents : d'abord la configuration du ciel, ensuite son empreinte sur le monde.

Période A · 1981 à 1984 (Maximum de 12, en 1982)

En 1981-1982, la conjonction Saturne-Jupiter augurait un risque d'aggravation de la crise économique, la conjonction Pluton-Jupiter signalait des changements politiques (révoltes, coups d'État) et la conjonction Pluton-Saturne annonçait des risques d'attentats, de conflits et d'interventions militaires. Durant la seule année 1982, sommet de la courbe, se sont déroulées quatre guerres (Iran-Irak, Salvador, Angleterre-Argentine, Liban) et des conflits sociaux de grande envergure (Pologne).

Période B · 1987 à 1990 (Maximum de 18,4, en 1989 — le plus élevé depuis 1890)

1987 marque le début de la période la plus cruciale du siècle. En 1988, 1989 et 1990 se forme une triple conjonction Neptune-Uranus-Saturne, accompagnée d'oppositions de Jupiter à cet ensemble ; le coefficient de ces configurations est le plus fort du siècle. La tendance qui ressort de cette période est un climat de désordre et de crise à la fois économique, politique, idéologique et religieuse, une confusion à l'échelle mondiale qui pourrait entraîner de nombreux conflits.

Période C · 2000 (Maximum de 9)

Durant l'année 2000 coexistent plusieurs configurations (conjonctions Neptune-Uranus et Jupiter-Saturne, opposition Jupiter-Pluton, carré Saturne-Uranus), mais le coefficient de leur ensemble (9) est bien moins important que durant les périodes précédentes. Ces aspects ne semblent indiquer ni conflit généralisé, ni changements mondiaux considérables ; les problèmes économiques qui pourraient survenir paraîtraient être la conséquence des réformes et des mutations intervenues à partir de 1996.

Les cycles marquent le temps des collectivités comme les aiguilles d'une horloge, sans lien de cause à effet. Cette lecture est une grille de compréhension de l'histoire, non une prédiction.