Le livre de la main
Les rétractions
Toute zone morphologique rétractée freine la libre expression des pulsions. Elle est donc toujours source de stress et de mal-être. Pourtant, l'homme étant ainsi fait, ce sont le plus souvent ces manques et ces frustrations qui deviennent le moteur, lançant l'être dans une dynamique de compensation. En règle générale, notre vécu s'écoule harmonieusement à travers nos zones dilatées ; mais ce sont les zones rétractées qui nous font agir, réagir et qui donnent sa couleur à notre personnalité.
Le pouce à phalangine rétractée
Les mécanismes qui adaptent nos désirs aux structures et aux règles du monde extérieur se dérèglent : l'adaptation se fait en réalité sur une vision subjective et déformée de ces structures. Dès qu'elles s'expriment, les pulsions et les désirs restent en décalage constant avec la réalité.
Le vécu de la pulsion ne peut donc gratifier, puisque le monde extérieur ne réagit jamais comme nous l'attendions. D'où un sentiment d'insécurité, qui se traduit par une pulsion agressive tournée vers ce monde extérieur que l'on tient pour responsable de nos échecs, et par la volonté de déguiser nos désirs et nos conduites afin de tenter d'être davantage « en phase » avec les autres (auto-censure).
Les doigts à phalangine rétractée
Le mécanisme du raisonnement et des jugements critiques se dérègle. Nous confrontons nos élans et nos motivations à une image déformée du monde extérieur. Il s'ensuit que :
Tout désir que nous jugeons positif est mal accueilli par les autres (ce n'est pas, en fait, ce qu'ils attendent) et son vécu ne nous gratifie pas.
Tout désir qui serait bien reçu par les autres et nous vaudrait un retour agréable est, d'emblée, jugé négativement de notre part.
On observe alors, dans le comportement, un double mécanisme de dévalorisation : d'un côté, nous nous croyons inadaptés, d'où une remise en cause permanente, un manque d'assurance et de confiance, une tendance au repli ou à la marginalité. De l'autre, nous mettons en cause le monde extérieur, jugeant ses règles mauvaises et ses structures nuisibles. Nous nous posons en redresseur de torts, en idéologue. Cette attitude ressort avec netteté chez les personnes à phalangine majoritaire et rétractée.
Les planches

Illustre le pouce à phalangine rétractée décrit dans le texte - adaptation déréglée des désirs aux règles du monde extérieur, décalage constant des pulsions avec la réalité.

Illustre la rétraction d'une phalange sur un doigt (mécanisme du raisonnement et des jugements critiques déréglé, selon le texte sur les doigts à phalangine rétractée).

Illustre les doigts à phalangine rétractée (médius et annulaire) - double mécanisme de dévalorisation décrit dans le texte.