Le dictionnaire des visages
Vénus — la famille des nerveux surplastiques
PRÉSENTATION DU NERVEUX « SURPLASTIQUE» Vénus est donc, tout comme Mercure, un Émotif, non Actif et Primaire. Mais, à l'inverse, il est aussi Extraverti que l'autre était Introverti, aussi allocentrique que l'autre était égocentrique, aussi Affectif que l'autre était Cérébral. En somme, c'est à la plasticité du caractère, à l'extraordinaire souplesse d'adaptation dont il fait preuve, à l'infinie tendresse de ses relations avec son entourage qu'il doit son titre générique de « Nerveux Surplastique», aux antipodes du « Nerveux Hautain» qu'était Mercure. La sociabilité de Vénus, Extraverti Primaire, n'est pas sans analogie avec celle de l'autre Extraverti Primaire qu'est Jupiter. C'est un fait d'expérience que l'inversion du rapport Émotif/non Actif et Actif/non Émotif entraîne des manières d'être assez semblables à première vue. Cela va même plus loin: interrogé sur lui-même, il arrive fréquemment qu'un Émotif non Actif s'assimile à un Actif non Emotif et vice versa. Chacun s'identifie à l'autre, l'un confondant Activité et réactions émotionnelles, et l'autres prenant d'occasionnelles accumulations d'énergie pour des accès de « nervosité». Telles seront, ainsi, l'agitation désemparée de Vénus, effet de l'émotion, et la colère « rouge» de Jupiter, effet d'une Sthénie excessive. Nous avons déjà mentionné l'esprit conciliant de Vénus comparé à la volonté conciliatrice de Jupiter dont les résultats pratiques sont voisins, sauf en cas de conflit sérieux qui voit Vénus prendre la fuite et Jupiter jouer les médiateurs. Nous verrons aussi que la même inversion, chez Terre et Saturne, se traduira par un phénomène analogue, la même impassibilité dans des situations quelque peu difficiles, l'un et l'autre étant, cette fois-ci, Secondaires. Quoi qu'il en soit, et pour revenir à la comparaison Vénus/Jupiter, on notera, au-delà du simple comportement, une différence notable de motivation de l'un à l'autre. Le second est hédoniste, le « principe de plaisir» constitue l'une des clefs de sa conduite, alors que le premier vit un besoin psychologique différent, dit de « motivation oblative», au sens large du terme: la relation d'aide est une sorte de « réflexe affectif» chez Vénus, allant éventuellement jusqu'à l'abnégation du pur « parent nourricier», le « faire plaisir» est le résultat de la tendresse et de l'allocentrisme, le besoin — très Asthénique, très affectivement « dépendant» — de s'entourer de bonheur, de douceur, de chaleur humaine. Primarité et non-Activité se traduisent chez Vénus par une soumission totale aux sollicitations de l'instant, auxquelles il ne sait résister en aucune manière. Soumission aux êtres, aussi, de même qu'aux discours, Vénus est sensible au charme des mots, à la poésie du verbe. De bonne compagnie, il prête volontiers une oreille intéressée, et parfois compatissante jusqu'à la sensiblerie, aux mille et une féeries de l'imaginaire: enfant, c'est le charme irrésistible des contes, adulte, c'est l'attrait des cancans romanesques et des histoires de cœur. D'autant plus que, comme chez Mercure, le besoin d'émotions est manifeste, ainsi que le tempérament cyclothymique. C'est l'extrême mobilité de l'Émotivité Primaire de même que la Plasticité de Vénus qui en sont responsables, avec leurs cortèges d'intuitions et de désordres, de séductions et de gaspillages, d'imagination et de spontanéité volage. La « syntonie» de Vénus, l'accord parfait qu'il réalise, sur le plan affectif, avec son entourage, qui le rend à la fois très malléable, suggestible, mais aussi frivole et dispersé, caméléonesque, le verra, de même, réaliser des compensations diverses. Les compensations les plus faciles seront Introverties et Actives, avec Mars, qui associera les polarités masculine et féminine, active et passive, agressive et conciliante; ou Introverties et Secondaires avec Saturne, qui apportera la retenue, la réflexion, mais aussi l'inhibition affective. Compensation facile aussi avec Lune qui, en atténuant l'Émotivité, apportera la sérénité mais aussi la placidité et l'indifférence. Plus laborieuses seront les compensations du Sanguin Jupiter dont le goût pour le « jeu» relationnel compliquera sensiblement l'approche intuitive et globale des situations qui est le propre de Vénus; de même que celles du Passionné Soleil, dont la « préméditation» du comportement viendra presque détruire tout le charme de la constante improvisation qu'est la philosophie de Vénus; de même enfin que l'Apathie, qui éteint à la fois spontanéité et sensibilité, détruira les élans de tendresse, enfermant Vénus dans le carcan du repli sur soi, un retranchement où la Plasticité altruiste se transforme en vague bienveillance, et la souplesse en grossier calcul. L'inconciliable Vénus-Terre sera, quant à lui, d'une très grande richesse. Accroché aux réalités matérielles, le tempérament « aérien» de Vénus, tout comme celui de Mercure (mais de manière plus harmonieuse que ce dernier), sera à la fois plus complexe et mieux adapté, plus consistant, résistant mieux aux péripéties éprouvantes de la vie quotidienne. Compensation partielle De la conciliation au repli égocentrique: le type VÉNUS-SATURNE quand le Nerveux n'est plus exubérant Pour être seulement partielle, de Secondarité, la compensation Saturne n'en est pas moins complexe, et lourde de conséquences sur la manière d'être de Vénus. Il s'agit, en réalité, d'un véritable bouleversement des valeurs et de la conduite du Nerveux Surplastique. Il doit d'abord composer avec l'Introversion de Saturne. On verra, chez Vénus-Saturne, cohabiter et se déchirer des tendances très contradictoires, entre l'agitation extériorisée et le doute intériorisé. Les certitudes, quand bien même elles auraient le caractère frivole et sommaire que nous avons souligné, sont un point d'appui bien commode pour la passivité sereine qui fait le charme de Vénus. Saturne balaie ce sentiment de relative sécurité en amplifiant les effets Secondaires des impressions, Vénus-Saturne ne peut plus « passer à autre chose» quand une situation devient embarrassante. De plus, Vénus l'Affectif, dont les sentiments commandent la conduite, doit composer avec l'inhibition affective de Saturne. Le comportement gagne alors en rigueur logique ce qu'il perd en élans chaleureux de tendresse envahissante. Au total de ces compensations d'Introversion, de Secondarité et d'inhibition affective, Vénus-Saturne éprouvera dans toutes ses expériences relationnelles l'opposition entre une perception hâtive des situations, une intelligence concrète et expéditive des données, et la rumination mentale, l'intelligence analytique et appuyée, la perception contestataire de l'individualiste. On verra alors Vénus-Saturne se répandre en manifestations d'affectivité dégradée et récessive, de sentimentalité « à bon marché», de ces compassions narcissiques issues d'un goût immodéré pour les situations mélodramatiques aussi bien que pour les introspections égotistes. Dans une réunion mondaine, on le verra aussi, maladivement timide et maladroit, se morfondre en hésitations, en élans velléitaires et en conduites timorées, alors que dans un groupe restreint et amical, il usera des artifices d'une séduction raffinée, « élaborée», teintée de piquante malice et de gentillesse accommodante, pour conquérir les cœurs, aussi bien que les consciences. Morphologiquement, le visage de Vénus-Saturne est encore bien enrobé, bien que plus étroit. Mais, aisément fatigable, l'unité du modelé se détruit très vite, les creux et les bosses apparaissant aussitôt et conférant à la mimique une expression soucieuse et inquiète: le front « s'assombrit», les cernes s'accentuent, creusant encore l'orbite, comme se creusent les joues et s'allonge le menton en s'amenuisant. Une mimique très mobile et « transparente» pour l'entourage, généralement attribuée, à raison, à son hyperexcitabilité, témoin de l'instabilité de son « humeur». Compensation partielle La « bipolarité» et ses conjugaisons: le type VÉNUS-MARS ou le « fruit d'une civilisation travailleuse» La compensation est d'Activité, ou de Sthénie. Purs Affectifs tous deux, ce sont les orientations de leurs conduites affectives qui se conjuguent ici, passives et dépendantes par le fondement de la personnalité Vénus, « mâles» et dominatrices par la compensation qu'effectue Mars. Cette alternance, accentuée par la fragilité des états d'âme du Nerveux, finit de désarmer ses partenaires ou ses éventuels adversaires. C'est, à l'état pur chez Vénus-Mars, la cohabitation des fameux archétypes de l'anima et de l'animus qu'a dépistés Jung dans ses recherches historiques, et dont il a découvert qu'ils coexisteraient, à l'état latent ou manifeste, en chacun de nous. L'opposition féminité/virilité se concilie avec plus ou moins de bonheur chez Vénus-Mars. Femme, elle a marqué de son sceau morphologique l'insertion massive dans la vie professionnelle, et son engrenage de luttes d'influence, de contestations mesquines ou d'injustices flagrantes. La misogynie, également partagée par les deux sexes, est en partie responsable de cette métamorphose, de même, bien entendu, que les conditions objectivement éprouvantes, psychiquement et physiquement, dans lesquelles se déroule la vie professionnelle, efforts soutenus, tensions exagérées, pressions du temps et du milieu en général. Le « canon» féminin s'en est trouvé profondément modifié en quelques décennies. Homme, Vénus-Mars surprendra par ses comportements intempestifs et irrationnels, tantôt aux prises avec des accès violents d'une extraordinaire pugnacité, et tantôt — le plus souvent d'ailleurs — donnant dans une conduite bonhomme, ronde et pacifiante, malheureusement hésitante, voire même aboulique. Dans le premier cas, la tendance Introvertie, de Mars, domine, et elle s'avère vite incompatible avec le fonds insuffisamment Sthénique du personnage: ses manifestations sont aussi brèves que surprenantes de vigueur; dans le deuxième, l'Extraversion de Vénus, toute de conciliation et de prévenance, peut conduire à une sorte d'aboulie — l'inactivité chronique — en ce qu'elle est singulièrement contrainte par la tension nerveuse qu'impose la compensation Mars. Cette dernière impose aussi, du point de vue morphologique, des traits qui contrastent avec le modelé enrobé ini- tial, notamment par le dessin des récepteurs sensoriels, aux lignes fermes et accusées, de même que par la saillie en avant du menton, par le modelé des pommettes ou par le retrait en arrière du front. Combinaisons discrètes et subtiles ou frappantes et disgracieuses, constituant la grande variété morphologique du type Vénus-Mars qui va, comme nous l'avons vu, s'accroissant. Compensation partielle Les implications sentimentales et organiques: le type VÉNUS-LUNE quand la vie végétative réclame son droit à la passivité absolue Vénus-Lune ne connaît pas les affres de l'extrême tension — ou de la discordance des sentiments — que vit Vénus-Mars. Le seul combat qu'il doive affronter est celui qu'éventuellement opposent les exigences sentimentales du Nerveux aux exigences végétatives de l'Amorphe. Le rêveur lunaire y devient lunatique. Car l'apport céré- bral de Lune, tout d'imagination rêveuse, n'est virtuellement d'aucun secours à l'Affectif Vénus du point de vue de la cohérence de sa conduite ou de sa démarche mentale. De manières bien trop paternes, bien trop prévenantes, voire bien trop « possessives», est cette Vénus-Lune, qui gave littéralement sa progéniture de confiseries et, au figuré et par extension, de « douceurs» et de « rondeurs» tout son environnement, intime ou professionnel. Ce Vénus-Lune homme distribue de même ses tendres gentillesses avec une infinie générosité. Il est une oreille attentive, mais superficielle, à toutes les mésaventures de ses proches. Il est définitivement affectueux et irrémédiablement permissif. Son Émotivité de même que sa sensibilité ne sont que de surface, émoussées par l'indolence de Lune. Leur véritable passion: le désœuvrement. Compensation partielle La complication d'un Nerveux tendre et plastique: le type VÉNUS-MERCURE ou la retenue et le narcissisme de l'Introversion et de la Cérébralité Bien que n'entraînant aucune modification à la structure fondamentale du caractère, caractérisée par l'Émotivité, la Primarité et la non-Activité, la compensation Mercure est, pour Vénus, d'importance. Le visage de Vénus-Mercure s'affine, s'amenuise au menton, se redresse et s'élargit au front. L'Introversion atténue la Plasticité, la Cérébralité gagne le comportement, disputant son influence à l'Affectivité. Il y a moins d'effusion dans la sentimentalité de Vénus, moins de tendresse dans ses relations, moins de sensualité dans sa perception du milieu. A l'inverse, ses représentations idéo-affectives s'enrichissent de mille nuances, pétries d'une spiritualité que la passion intellectuelle nourrit inlassablement, et l'affirmation de sa personnalité se fait plus pressante, plus incisive, accentuant son emprise sur l'entourage de familiers. Cela ne suffit pas, pourtant, à rompre la soumission « naturelle» de Vénus-Mercure. Le comportement natif de conciliation ne s'efface pas dans la compensation du Hautain. Cela n'atténue pas, non plus, les accès de cyclothymie. Bien au contraire, les événements les plus insignifiants suffisent à faire basculer l'humeur de l'excitation euphorique à la sombre et mélancolique dépression: une contrariété bénigne, un changement de climat, quelques heures de pluie... Mais au tempérament cycloïde de Vénus se superpose le tempérament schizoïde de Mercure, compliquant au passage, et entre autres, la vie sexuelle du sujet par ses refoulements intempestifs. Compensation croisée, dynamisante Une autre combinaison de l'Émo-Activité: le type VÉNUS-JUPITER quand le conciliant devient conciliateur Si Vénus est, comme on dit, « du bois dont on fait les flûtes», un Extraverti Asthénique et instable, très dépendant de l'événement, il est aussi, en tant qu'Affectif et Primaire, un « terrain glissant» sur lequel le milieu a peu de prise réelle, profonde ou durable. Tel n'est pas le cas de Jupiter qui, Actif et non Émotif, ambitieux, impétueux et exigeant, « fait» l'événement, modifie le milieu social. Mais ce dernier bénéficie en contrepartie de son sens pratique, de son équilibre affec- tif, et notamment de son respect des traditions, trouvant dans ces « vertus» quelques-uns de ses fondements les plus sûrs, les plus dignes de confiance. L'association Vénus-Jupiter constitue dès lors un type exemplaire de sociabilité Extravertie, un pilier de soutien, l'une des pierres angulaires des sociétés occidentales. Sa sensibilité lui permettra de définir un projet personnel qui, s'il n'est pas très stable dans la durée, ni très élevé dans l'idéal, aura pour lui d'être de haute valeur morale, laissant une large place aux autres, et à la portée de ses moyens. Le pragmatisme, et son implacable rigueur logique et matérielle, qui n'est pas spécialement de Vénus, est un apport gracieux de Jupiter. Il sera largement mis à contribution dans la mise en œuvre et la réalisation du dessein. Car Vénus-Jupiter décide concrètement et réalise. C'est un Nerveux orienté vers l'action par ses nouvelles ressources de Sthénie et vers le rôle social quand la Sthénie se combine avec l'Affectivité et l'Extraversion. Vous ne trouverez pas meilleur que Vénus-Jupiter pour jouer les arbitrages dans un conflit d'intérêts, si ce n'est, sans doute, Jupiter-Vénus. C'est bonnet blanc et blanc bonnet, de ce point de vue! Compensation croisée dynamisante Avec du « plomb dans la cervelle»: le type VÉNUS-SOLEIL, la séduction au service du projet La rationalité a parfois de ces exigences qui sont bien embarrassantes. Celle du Passionné Soleil, Cérébral Secondaire, esprit méthodique et organisé, vient littéralement « contaminer» la conduite très fantaisiste et naturelle du Nerveux Extraverti, Affectif de surcroît, qu'est Vénus. Quand à cette exigence de rationalité s'ajoute celle, plus impérieuse encore, de l'Activité, c'en est fini de la quiétude du passif qui pouvait, impunément, être de toutes les fêtes et de toutes les fuites sans jamais s'impliquer totalement, sans jamais s'engager sur les routes difficultueuses qui mènent de l'impression, de l'intuition ou du sentiment à la réalisation, à l'action, à l'affrontement. La compensation d'Introversion permet à Vénus-Soleil de prendre du recul par rapport aux choses, celle de Secondarité du recul temporel, celle de Cérébralité du recul par rapport aux êtres. La Sthénie vient alors inscrire sur ce terrain fertile, sensible, et réfléchi ce qu'il faut d'opiniâtreté pour que l'action soit menée à bien. Il va sans dire que l'Affectivité foncière de Vénus-Soleil ne va pas sans introduire ses quelques fausses notes dans le concert de la réalisation, ses quelques distorsions, les « bruits» dont s'entache l'expérience relationnelle de l'agité perpétuel, instable par essence, et changeant par la force des choses. Ces distorsions sont autant d'écueils à surmonter, autant de pentes fâcheuses vers l'abandon et le découragement. La bonne fin de ce dictionnaire sera d'autant plus hasardeuse, la réalisation sera d'autant plus louvoyante, le comportement sera d'autant plus imprévisible, mais globalement, la compensation Soleil sera un facteur dynamique non négligeable pour Vénus.
Les planches

Émotivité, non-Activité, Primarité et Extraversion: les propriétés du caractère du Nerveux Surplastique. L'adhésion au milieu est inconditionnelle.

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L'empathie, la pondération, la compassion tempèrent l'agitation de la Nerveuse Sentimentale.

Oscillant entre l'affrontement et la fuite, le comportement de ce sujet conserve toute sa rondeur en l'absence de conflit dans la situation relationnelle.

Ici, la forte compensation de Sthénie fait dominer le Colérique (E. A. P.). La mimique irascible de ce Primaire est coutumière d'une personnalité que l'insistance d'un partenaire ou d'un adversaire ennuie ou irrite très vite.

Une victoire de l'Amorphe Lune sur la Plasticité de Vénus.

Chez cette Affective Cérébrale, l'inhibition instinctuelle a vaincu l'Extraversion originelle du sujet.

La compensation d'Activité fait ressortir ce personnage d'un type particulier de Colérique (E. A. P.) « tendre».

Un deuxième cas de Colérique Extraverti et « ouvert», d'un comportement relativement très « mesuré» et réfléchi, mais nullement timoré.

Cérébralité et Secondarité ont raison, dans ce cas, de l'irrationalité de la conduite de Vénus. L'analyse des situations est sous l'emprise de considérations « humaines» et relationnelles très élaborées.

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